Vous vous souvenez, mes petites péripéties avec un site de téléchargement illégal qui proposait mon livre A jamais liés ? Il se trouve que certaines personnes ont cru bon d’argumenter en faveur de ce type de plateforme pour minimiser leurs atteintes. Elles ont notamment avancé qu’en matière de culture et d’art, toute création devrait appartenir à la communauté pour lui permettre de s’élever de manière homogène (pas de culture réservée aux plus fortunés en somme).
A priori, je n’ai rien contre cette idée qui pourrait même être brillante pour peu que la « communauté » à laquelle il est fait allusion prenne à sa charge la vie courante des artistes qui offrent leur travail, parce que, je ne vous apprends rien, les artistes sont des personnes avec des besoins primaires irrépressibles comme toutes les autres, qu’ils payent des crédits, des loyers et devinez quoi, même des taxes.
Sauf que ces gens qui revendiquent la liberté de circulation des œuvres, ne sont pas prêts à mettre la main au porte monnaie pour financer ce service public offert à la communauté et qu’il faudrait donc que les auteurs, peintres, sculpteurs et tous les autres dont l’activité produit une richesse artistique, travaillent à titre gratuit. Qu’ils fassent ainsi don de leur œuvre et tout le travail que cela représente, et qu’ils occultent purement et simplement les sacrifices consentis et se repaissent d’accomplir une bonne action toute relative, on croit rêver !
C’est là où j’ai cessé d’écouter mon interlocuteur. Qui accepterait de travailler à titre gratuit ? Qui accepterait de travailler avec autant de contraintes que celles des auteurs, autant de frais et d’implication au quotidien pour ne rien en retirer ? Il ne viendrait à l’esprit de personne de refuser son salaire à un paysagiste au motif que son travail est joli, le type a sué sang et eau pour proposer un jardin agréable à l’œil en contrepartie du paiement de son travail. Et bien figurez vous que c’est la même chose pour les auteurs. Dingue n’est ce pas ?
Et oui, je m’emporte un peu car je peine à comprendre qu’on puisse à ce point minimiser la valeur des choses. Une histoire qui offre un moment d’évasion, ne tombe pas du ciel et elle n’est pas due. Payer pour avoir le droit d’en prendre connaissance, c’est acter de la valeur qu’on lui octroie, remercier cette personne dont on ne connaît rien qui a su trouver des mots qui parlent à notre cœur. C’est une forme de gratitude qui en elle même nous permet d’apprécier encore plus cette lecture.
Pour conclure, je suis heureuse que notre droit soit (théoriquement) protecteur des auteurs et je tiens à remercier tous ceux qui aiment lire et qui soutiennent les auteurs. MERCI.

C’est complètement le monde à l’envers.
Depuis la nuit des temps, on donne quelque chose en échange d’une autre. Oui, même Cro Magnon chassait en échange d’une peau tannée ou d’un propulseur. Mais faut croire que la dématérialisation des oeuvres a fait de même avec certains cerveaux…
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Qu’est ce que j’aime ta dernière formulation ! la dématérialisation des cerveaux mais c’est tellement ça !
En tout cas ce coup de gueule m’a fait du bien et m’a démontré qu’en fait la majorité pense comme moi, c’est un soutien qui m’a vraiment fait du bien 😀
Merci 😀
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