Par le biais de ce post, je me fais le relai de toute une communauté d’auteurs, célèbres ou anonymes, à qui le travail acharné ne profite jamais ou rarement comme il faudrait (je ne suis pas concernée dans l’immédiat, mais j’imagine que ce n’est qu’une question de temps…).
Parce que le piratage, quelle que soit l’œuvre concernée, a toujours un impact négatif, plus ou moins palpable, sur son auteur. Le plus tragique, c’est qu’à long terme, cela se répercute sur les lecteurs (ou de manière générale sur tous ceux qui apprécient les arts), en réduisant peu à peu l’offre.
Ce vol caractérisé, doublé la plupart du temps d’un recel (et oui le simple fait de détenir, d’héberger, de proposer ce type de fichiers est constitutif à lui seul d’un délit sanctionné par notre Code pénal), décourage certains artistes qui, sensibles à cette injustice contre laquelle ils ne peuvent pas grand-chose à leur échelle, vont parfois jusqu’à abandonner la plume quand d’autres réduisent leur lectorat à un panel sélectif. Pour faire clair, à terme, l’offre risque de se restreindre considérablement et de sanctionner tous les lecteurs, honnêtes ou non.
En effet, qui accepterait de travailler gratuitement ?
Comment réagir quand un livre à peine vendu à cinquante exemplaires a été frauduleusement téléchargé par près de vingt mille personnes ?
Qui accepterait ce manque à gagner, surtout quand on connaît la précarité qui s’associe souvent au métier d’auteur ?
Qui accepterait de fournir un travail sans contrepartie ? Car ces voleurs ne se donnent même pas la peine de générer des ventes, de promouvoir l’auteur et son travail : ils lisent gratuitement. Fin de l’histoire.
Afin de sensibiliser les lecteurs, l’autrice Megära NOLHAN a initié le TIME AUTOR CHALLENGE, un challenge qui, comme son nom l’indique, est destiné à décortiquer le temps passé par un auteur dans la création de son œuvre. Le temps à écrire mais pas seulement, celui destiné à la promotion, la correction, la mise en page, l’administratif (eh oui, cette torture est partout et même si l’auteur gagne des clopinettes, croyez bien qu’il est taxé dessus)…
Si la riposte semble limitée, elle n’en vaut pas moins la chandelle, ne serait ce que pour rappeler que les auteurs ont droit à une juste rémunération de leur travail. Anthony LAMACCHIA et DCEDV (Des Couleurs et du Vent) ont rassemblé les démarches simples et détaillées à suivre, que je vous invite à découvrir directement sur leurs sites respectifs.
Pour résumer, auteurs et lecteurs ont la possibilité de s’unir pour limiter cette atteinte à titre préventif, notamment en :
– envoyant un mail au modérateur à l’administrateur du site (éventuellement à l’hébergeur mais faut reconnaître qu’à ce stade ça se complique notamment eu égard à la barrière de la langue qui peut en découler et au peu d’intérêt qu’on accordera à un simple mail qui de fait ne générera absolument aucune contrainte ni sanction) ;
– dénonçant l’hébergeur sur le site du gouvernement ;
– témoignant et partageant leurs expériences sur les réseaux sociaux, pour sensibiliser d’éventuels lecteurs tentés par le piratage (c’est d’ailleurs l’objet de ce billet).
Lecteurs, sans vous dans notre armée, les auteurs n’ont aucune chance. Alors nous comptons sur vous pour garder les yeux bien ouverts et nous tenir informés ! You’re in the Army now !
