PARCE QU’IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR RÉALISER SES RÊVES…

C’est une bonne manière pour moi d’entrer dans le vif du sujet : si tu me lis aujourd’hui c’est que je me suis enfin lancée, que j’ai osé écarter mon syndrome de l’imposteur et me mettre un bon coup de pied au derrière, moi, le passager clandestin si souvent invisible.

Moi, c’est Sienna.

Dans la vie, je suis comme ça : je rêve beaucoup. Parfois, certains rêves me tombent dessus sans que je ne comprenne vraiment ni comment, ni pourquoi.

C’est ainsi que je suis devenue avocate, d’ailleurs. Perdue dans les méandres de l’administration, pas vraiment bonne élève, ni franchement mauvaise non plus, très curieuse mais souvent limitée par les croyances réductrices de mes enseignants (qui considéraient que l’école, ce n’était pas pour moi), j’ai fini par opter pour le droit. Un bon moyen de lutter contre les injustices qui me contrariaient tant.

Enfin, pour un temps…

J’ai aimé ce métier que j’ai eu la chance d’exercer dans des conditions exceptionnelles, rarement dans mon bureau, souvent sur le terrain, ou dans les salles d’audiences. Une vie de découvertes passionnantes, de rencontres inespérées et d’échanges enrichissants. Oui, j’ai vraiment aimé cette vie ; autant que je l’ai détestée quand j’ai compris qu’elle ne m’apporterait jamais tout ce que j’avais espéré…

Mais à quoi je rêvais, en fait ?

Au début, à pas grand-chose. Je vivais un rêve éveillé, devenir avocat, je ne l’avais même pas envisagé tant on m’avait rabâché que je n’étais pas faite pour étudier… J’ai savouré ces moments, durant lesquels j’avais l’impression de vivre par l’intermédiaire d’un autre moi. Quand je portais la robe, moi, la petite nana d’un mètre cinquante-cinq, aux allures de gamine, on me respectait, on m’écoutait, on me consultait. C’était tellement drôle de voir les gens si attachés à me plaire et m’appeler « Maître » dans chacune de leurs phrases. Mais ce Maître en question, ce n’était pas vraiment moi, seulement un rôle qui a, peu à peu, pris beaucoup trop de place dans ma vie.

Alors un jour, en me rendant compte que je n’avais que ça, et que malgré tous mes efforts je ne serais jamais en mesure de satisfaire les associés pour lesquels je travaillais – et à qui je sacrifiais pourtant ma vie – j’ai tout plaqué. J’ai quitté les Champs-Elysées, Paris même, et je suis allée m’enterrer dans un village perdu pour y vivre la vraie vie. La mienne, rien qu’à moi.

Mais qu’est-ce que je voulais ? Il ne s’agissait pas de tout quitter pour déprimer seule dans un coin. J’avais envie de tout et de rien à la fois. D’authenticité, de sincérité et de solidarité. J’avais besoin de m’engager dans quelque chose qui ait du sens. Mais si c’est simple de savoir ce qui nous déplaît, ça l’est vraiment moins quand il s’agit de déterminer précisément ce qu’on veut et ce qu’on est prêt à donner pour l’obtenir…

J’étais terrifiée. Envahie par le doute. On m’avait tellement affirmé que j’étais débile que malgré le soutien indéfectible de mes proches, j’avais fini par le croire. Pas consciemment, viscéralement.

Trouverai-je quelque chose qui me plairait ? Serai-je capable de réaliser mes attentes ?

Je venais de faire un choix crucial. Pourtant j’allais devoir en assumer d’autres, tout aussi lourds de conséquences.

Ça a pris du temps. Beaucoup de temps. Trop pour certains. Et puis le destin m’a envoyé des signes. Il s’est chargé de m’ouvrir les yeux et m’a fait rencontrer, du fin fond de ma campagne, des personnes formidables, dont je n’aurais probablement jamais fait la connaissance en Île de France, même si nous étions alors géographiquement plus proches. Chacune d’entre elles m’a instruite, m’a nourrie de son optimisme et de sa confiance, de ses expériences, bonnes ou mauvaises. Elles m’ont portée, motivée. Grâce à elles, j’ai trouvé le courage de persévérer, mais tout en restant dans l’ombre…

J’avais trop souffert des critiques – rarement fondées pourtant – dont j’avais été la cible. Même si elle s’estompait, qu’elle était chaque jour moins visible, ma blessure était là. Je la croyais éternelle. Je craignais tellement que mes textes ne plaisent pas, voir que les foudres du lectorat s’abattent sur moi, que je me complaisais dans mes doutes, protégée par mon anonymat.

Mais quel intérêt pouvait-il y avoir à écrire un message, sans jamais le délivrer à son destinataire ?

Je me refusais pourtant à tenter ma chance.

Et puis, un jour, j’ai eu la chance de rencontrer – virtuellement – une personne exceptionnelle, dont la bienveillance, l’altruisme et le don de soi m’ont touchée. Elle aussi autrice, elle invitait jour après jour ses lecteurs, amis et proches à se surpasser et à aller au bout des choses. A s’engager et à se tenir aux engagements pris, que ce soit vis-à-vis d’autrui ou de soi-même.

Elle expliquait que, comme on pouvait être déçu de ce qu’un proche ne tienne pas son engagement, on l’était encore plus de ne pas soi-même tenir ceux qui nous affectent personnellement. En ce qui me concerne, c’est bien pire de ne pas réaliser mes propres souhaits, c’est me trahir, au moins un peu.

Quel pourrait bien être l’intérêt de la vie si nous ne tenons pas nos engagements, si nous ne nous astreignons pas à réaliser ce dont nous avons envie, jusqu’à y parvenir sans concession ?

Pourquoi vivre sa vie si on n’en est pas le héros ?

En gardant ces mots en tête, rongée par mon incommensurable peur des regrets, j’ai fini par me décider – grâce à quelques amis fidèles prêts à me donner un coup de main (et parfois même un coup de pied !) – je devais devenir autrice à part entière. Avec ce que cela implique d’échanges amicaux, mais aussi de confrontations moins joviales.

J’ai fini par intégrer que mon engagement vis-à-vis de l’écriture et des lecteurs qui auront peut-être, en me lisant, le sentiment que quelqu’un, quelque part, les comprend, ne pouvait pas rester confidentiel, cantonné à ma cuisine (oui, va comprendre, j’écris plus dans ma cuisine que dans mon bureau :p ).

Quel serait l’intérêt de fournir tous ces efforts, d’y mettre autant d’âme et de rigueur au quotidien pour, au final, remettre tous mes textes au fin fond d’un tiroir ?

Ce serait une régression, un non-but : un échec avant même d’avoir tenté…

Et puis, ce serait un peu égoïste aussi. Une de mes amies m’a dit un jour « si un de tes écrits touche une personne, ne serait-ce qu’une, tu auras gagné ». J’ai trouvé ça très optimiste – bien qu’encourageant – mais alors pas franchement objectif.

En quoi toucher une seule personne serait une fin en soi ?

Depuis, je l’ai compris.

J’ai souvent le sentiment de ne pas être moi-même comprise. Or, en lisant certains auteurs, j’ai eu l’impression qu’ils écrivaient ce que je n’arrivais pas à formuler, que leur parole était libératrice pour moi. Cela a été d’un grand réconfort à certains moments sombres de ma vie.

Je sais que maintenant, j’aimerais pouvoir être de l’autre côté du livre, pour cette personne que je ferai rire, pleurer ou se sentir un peu mieux ; tant pis pour tous les autres qui trouveront mon travail imparfait ou pas à leur goût : si cette personne reçoit mon message, j’aurais atteint mon objectif.

Au-delà de mes craintes et de mes doutes les plus profonds, je travaille aujourd’hui pour, publier mes romans (et nouvelles) en auto-édition et offrir le fruit de ma réflexion – et de mes divagations imaginaires – à ceux à qui ils plairont.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves, parce que je me le dois bien ainsi qu’à tous ceux qui m’ont inspirée et soutenue.

Moi, c’est Sienna, et je suis enchantée de vous faire entrer dans mon univers.

6 commentaires

  1. Alors ça, c’est une superbe introduction ! 😀 Bravo à toi d’oser suivre tes rêves, quelle force d’avoir su te retourner ainsi… Je suis persuadée que tu iras très loin 🙂 A bientôt en dédicaces, on partagera peut-être une table un de ces jours 😉

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